LE CHAT.

LE CHAT.
Ajaccio et son Golfe.






AVERTISSEMENTS: Les lieux sont réels, deux villes portuaires, à quelques détails ...???????
Les personnages imaginaires et l'histoire fictive, quoique..........!!!!!!!!!!



AU COMMENCEMENT.




Arrivés depuis à peine un mois nous finissons de nous installer dans la nouvelle maison, un énième déménagement et enfin"Bien méritée"
, tel est le nom de la petite maison de pêcheur que nous louons à l'année sur le port de Pornic dans le Pays de Retz, à coté du château de Barbe Bleue, à l'ombre d'une des tours, rue Des Sables.

Sortant de nulle part Melchior, le chat chartreux se lance à la poursuite d'une souris qui cherche refuge dans un trou du muret clôturant le jardinet.

D'un seul coup cette idiote de petite bestiole pourtant bien cachée franchit la petite clôture de pierres et s'enfuit dans la rue, le gris à ses trousses, toutes griffes dehors, couinements sourisides, miaulements affûtés de raminagrobis, bruits de moteur accélérant, crissements de pneus, choc sourd, hurlements du mini félin, explosion des ferrailles contre un mur pas loin, 20 mètres sur la maison d'à coté, silence, odeur d'huile chaude, gémissements du roi mage, au constat la patte arrière gauche fracassée, un croc brisé, la lèvre inférieure fendue.

Par contre dans la voiture, la cata, le conducteur non attaché, est passé la tête la première au travers du pare-brise, la dite tête étant largement défoncée et séparée en deux par le seul poteau métallique de signalisation routière de la rue, l'oeil gauche terne, le droit aussi mais légèrement à la hauteur de la bouche, pas beau à voir, passons sur les détails, mais une chose est sûre, il semble vraiment mort,
(gravement dcd)..humour.

Les militaires de la section accident de la
Brigade de Gendarmerie de Pornic constatent le décès, sur les lieux pas de traces de freinage, le levier de vitesse sur la quatrième, le compteur de vitesse bloqué à 89 Km/h, pas mal pour une zone limitée à 30, conclusion du rapport: défaut de maîtrise, vitesse excessive et nous l'apprendrons plus tard une alcoolémie proche des 2 grammes.

La victime, un homme de 65 ans, habitant Pornic depuis peu, retraité, cadre supérieur dans le commerce, ancien dirigeant d'une chaîne de magasins de la grande distribution, fortuné avant d'être veuf, encore plus riche suite à la disparition accidentelle de son épouse au cours d'un naufrage en mer, il ya quelques années.

Le Procureur de la République de Saint-Nazaire mis au courant des faits diligente une enquête à la charge de l'Officier de Police Judiciaire territorialement compétant.

Quant à nous, le gros
Mémé(Melchior)merveilleusement opéré à la clinique vétérinaire a juste 60 jours pour se remettre sur pattes car nous partons en vacances d'été sur l'ILE DE BEAUTE
, les locations pour la traversée en bateau, la maison pour le mois, tout est réservé depuis presque un an.



HUIT ANS AVANT.


Installés en Corse à Ajaccio depuis 4 ans, nous profitions des ressources prodigieuses que Dame Nature met à la disposition de tous en fonction des saisons.

Les jours de repos, nous étions la famille au complet, soit aux champigons(plus de six mois de l'année), au printemps cueillettes des asperges, de l'ail, des oignons qui poussent dans le maquis.

En automne, divers fruits retournés à l'état sauvage, attendent la période de récolte et notre passage(raisins, figues, prunes), les grosses châtaignes qui font la renommée de l'Ile, la pêche en mer et sous marine toute l'année, les oursins, bref pour faire court: "LE PARADIS" sur terre avec les attentats en plus et puis la gastronomie et l'air, le soleil et puis et puis...LA CORSE quoi.....

Donc, à cette époque près de chez nous, en bord de mer, à proximité du centre ville et du port, un terrain vague pris sur le maquis, genre prairie qui attendait certainement pour bientôt un chantier de construction d'une belle villa pour de riches continentaux ou un potentat local, voir un bandit, peut-être un centre de vacances d'un grand groupe hôtelier/voyagiste et sponsor d'équipes de foot????

Trônant au beau millieu, une carcasse de voiture retournée sur le toit comme un gros scarabé sur son dos, arrivée là: Comment? Quand? A qui?

Et un matin, sortant de la caisse rouillé, UN CHAT GRIS, là! depuis quand? Comment? A qui? Pourquoi?

La flemme aidant, j'avais pris la voiture pour me rendre à une cueillette de Rosés des Prés(AGARICUS CAMPESTER)qui en abondance poussaient dans ce petit bout de maquis, au retour, une paire d'heure après, ce chat gris aux yeux jaunes, un peu maigre, abandonné sans doute, sortant de l'épave rouillée se plante devant moi, calmement se pose sur son derrière et d' un drôle de miaulement ressemblant à un roucoulement semble me demander ou plutôt me dire:"ON MANGE QUOI ET QUAND?".

Dans mon sac à dos, pas grand-chose, une gourde d'eau, un paquet de biscuits, ceux qui sont élaborés à Nantes, là où il y a maintenant une tour panoramique style ROCOCO, limite plastique, avec le nom de la marque dessus en deux lettres.

En désespoir de cause, je donne au matou un biscuit écrasé dans ma main, à ma grande surprise il mange tout, se léchant les babines, me fait comprendre qu'il en veut encore, au diable l'avarice, mange mon chat, mange....affamé qu'il est, finissant sa part, il vient me piquer à ras des lèvres le seul biscuit qu'il me reste.

Les bonnes choses ayant une fin, mon sac rempli de champignons, je quitte les lieux laissant la touffe de poils là, seule, abandonnée, en partant, je regarde vers l'arrière dans le rétroviseur, le chat assis ne bouge pas, immobile dans sa clairière,"NON JE NE VEUX PAS DE CHAT", un kilomètre plus loin, pris de remords, demi tour au frein à main direction la clairière, j'arrive à sa hauteur, le pépére n'a pas bougé d'un centimètre, sûr de lui, sûr de mon retour, ouverture de la portière, installation de lui-même sur la plage arrière, arrivée à l'appartement, reconnaissance de l'endroit"HOME SWEET HOME, MERCI, J'AI UNE MAISON, UNE FAMILLE ET MON DIEU UNE VRAIE VIE DE CHAT".....Le temps passe.


LES VACANCES.

Quel plaisir de revoir de nouveau cette terre bénie des dieux, les vacances s'annoncent radieuses, beau temps, le soleil au rendez-vous, sur le pont du "NAPOLEON BONAPARTE" le fleuron de la flotte, quelques milles avant l'accostage vers les six heures du matin, la brise marine nous portait déjà aux narines toutes les senteurs de l'Ile, une sensation de bien être olfactif, un sentiment jouissif d'être enfin là, au bon moment, au bon endroit, un bain de senteurs, de vibrations de l'air, une douce chaleur parfumée qui n'existent que là bas, j'ai l'impression d'être le prisonnier au nom corse imprononçable de Jules César raccompagné chez lui "AU VILLAGE" par Astérix et Obélix, un grand pied à prendre de choses simples et naturelles.

Arrivés dans notre logement de vacances, très vite l'installation s'effectue dans cette maison pieds dans l'eau, la location nous offre un vue merveilleuse sur le Golfe d'Ajaccio, la plage au bout du jardin et je ne parle même pas de la piscine.

Les bagages vidés et rangés à la vitesse grand "V", que déjà nous étions tous dans la grande bleue à 24°.

Pour le reste du séjour, connaissant bien l'Ile, nous opterons pour un maximum de séjours au bord du fleuve ou de la rivière, lieux moins fréquentés, peu de touristes, fraîcheur assurée, balades dans le maquis, en forêt, à l'ombre.





LA PEPITE.



Un matin, après l'habituelle réunion de famille, nous décidons d'une journée du souvenir, direction "Là" où était Melchior le premier jour, son bout de champ et de maquis, sa voiture déglinguée, rouillée, son chez lui de sauvage.

Sur place à notre grand étonnement, pas de changement après tant d'années, pas de construction la caisse toujours là, encore plus bouffée par la rouille, mais toujours là, notre Pacha gris dans un premier temps semble un peu distant, inquiet de se retrouver dans ce champ qui n'était plus qu'un vague souvenir dans son cerveau, prenant de l'assurance, moustaches au vent, la patte folle en zig et de biais (toujours l'arrière gauche), il part à la reconnaissance de son ancien domaine.

Méfiant, jetant régulièrement des regards en arrière, il se dirige vers la vieille bagnole, en fait le tour, reniflant la carcasse, se frottant contre la tôle, partant à fond au cul d'un papillon ou d'une sauterelle, revenant en boitant avec un air de dire "JE SUIS ENCORE LE MEILLEUR ICI", laissant seul "Le Conquérant", nous faisons un un tour de ce bout de maquis couvert de taillis, pas de panneau, la clôture défoncée de ci de là, la vue sur le port et la mer toujours imprenable, il doit y avoir une histoire d'indivision entre les héritiers de ce terrain pour que rien ne soit encore construit ici.

Ayant fait le tour, revenant sur "le débris", nous trouvons celui ci grattant le sol comme pour recouvrir ses besoins, avec acharnement comme pris de folie, Melchior ne recouvre rien mais creuse comme un terrassier, le trou ainsi créé représente une cuvette de 20 cm de diamètre sur 5 de profondeur, fatigué après ses travaux "le gros" se couche au bord du trou, nous regarde, puis regarde le trou, nous regarde puis le trou jusqu'au moment où intrigué par son comportement je m'approche pour regarder dedans.

Dans le fond, brillant légèrement au soleil, un peu terne, une petite masse jaune, jaune comme de l'or, "MON CHAT A TROUVE DE L'OR, UNE PEPITE UNE VRAIE PEPITE, ENFIN NOUS VOILA RICHE", je me jette sur la pépite, espoir déçu, il ne s'agit que d'une gourmette, mais attention "La Grosse Gourmette", sale de la terre où elle se trouvait, mais bien nettoyée "The Méga Gourmette".

La pépite a de gros maillons, une grosse plaque avec 4 gros éclats de diamants, ma femme me fait remarquer que "POUR DES ECLATS, ILS SONT BIEN GROS", un dans chaque coin de la plaque, mais "GROS".

Une bonne douche avec l'eau de la gourde, un coup de mouchoir en papier et la gourmette a meilleure figure, des poinçons sur le fermoir, la plaque, un prénom gravé dessus "GABY".

Sur le chemin du retour, une question se pose, "QUE FAIRE DE LA GOURMETTE? DEMAIN, ON VERRA DEMAIN, LA NUIT PORTE CONSEIL".

Demain, déjà demain, nous y sommes, levés tôt, je me rends Place du Diamant chez un ami bijoutier avec notre trouvaille, sur la balance, l'objet pèse son pesant d'or, plusieurs milliers d'euros, rien que par le poids du métal précieux, et les "éclats" sont de véritables diamants d'une eau très pure, tous d'une grande valeur.

D'après mon ami, c'est un bijou unique de fabrication ancienne, fait dans la masse par un maître de l'art, à la vente il représente un apport formidable pour et par exemple "l'achat d'une maison".

Dans la discussion, il semble évidant qu' un objet d'une telle valeur ne pourra pas être vendu sous le menteau, je décide de me rendre à l'Hôtel de Police pour remettre "La Pépite" aux objets trouvés.
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# Posté le lundi 12 mars 2007 19:30

Modifié le mardi 20 mars 2007 20:00